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Eau, nature, ressources minérales

Pourquoi intervenir dans le lit ?

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publié le 22 juin 2010

Source : « Guide méthodologique d’entretien et de restauration du lit de la Loire et de ses affluents »
illustrations : DREAL Centre

ESPACE DE LIBERTÉ (ou de mobilité)

Définition : il s’agit de l’espace du lit majeur d’une rivière à l’intérieur duquel le ou les chenaux fluviaux assurent des translations latérales permettant une mobilisation des sédiments ainsi qu’un fonctionnement optimum des écosystèmes aquatiques et terrestres.

La divagation des cours d’eau et l’érosion des berges est donc un phénomène naturel et nécessaire à l’équilibre du cours d’eau. Ce n’est pas un indice de dysfonctionnement !
Mais elle peut être dommageable lorsqu’elle s’approche d’habitations, des pieds de digues …

Berge de la Loire au Grand Fleury en amont du pont du Fourneau (Saône et Loire).

Il conviendrait donc d’identifier cet espace de liberté sur tous les cours d’eau et d’y contrôler l’implantation des infrastructures.

QU’EST-CE QUI NE VA PAS ?

- La construction d’ouvrages de navigation (jusqu’en 1850) qui concentrent les écoulements dans les chenaux principaux,
- les barrages qui bloquent le transit de la charge sédimentaire,
- et les extractions massives de matériaux (de 1945 à 1990), qui ont créé un déficit en sédiments,
…ont généré l’abaissement de la ligne d’eau en étiage (jusqu’à 3mètres en 100 ans sur certains sites) puis celui des nappes associées (causant le tarissement de certains puits d’alimentation en eau potable). Ce mécanisme a conduit à la mise à nu de certaines fondations d’ouvrages en contact avec le lit mineur (pile de pont, pied de levée, …) devenues vulnérables (effondrement du pont Wilson à Tours en 1978, …).

L’enfoncement de la ligne d’eau a provoqué une exondation plus fréquente et plus longue des îles et chenaux secondaires. La végétation a ainsi pu s’y développer ou s’y densifier, obstruant le lit et ralentissant le courant. Cette diminution des vitesses d’écoulement a favorisé le dépôt des sédiments ce qui a encore aggravé le processus.

Du point de vue hydraulique, le comblement des bras secondaires a réduit la section hydraulique en hautes eaux, ce qui a provoqué le rehaussement de la ligne d’eau en crue et a donc augmenté localement le risque d’inondation.

Enfoncement du lit dans le bras principal et comblement des bras secondaires

Du point de vue écologique, ce fonctionnement a entraîné la fermeture de certains milieux et une tendance à l’uniformisation, entraînant une réduction de la diversité des habitats, donc de la biodiversité végétale et animale.

PRINCIPAUX OBJECTIFS DES TRAVAUX (Plan Loire Grandeur Nature)

- améliorer la capacité d’écoulement des crues ;
- enrayer l’enfoncement de la ligne d’eau d’étiage ;
- préserver ou restaurer la diversité biologique des milieux naturels (restaurer la libre circulation des poissons, éviter la fermeture de certains milieux …).

Il ne s’agit pas de figer l’hydrosystème mais de l’aider à retrouver un équilibre dynamique.

ENTRE OBJECTIFS ET CONTRAINTES : UNE QUESTION D’ÉQUILIBRE

Les objectifs semblent parfois contradictoires. Ainsi, l’enlèvement d’encombres peut se trouver en conflit avec le souhait de maintenir des habitats aquatiques. De même, L’éclaircie d’une saulaie ancienne sur une île, objectif hydraulique visant à améliorer les conditions d’écoulement en hautes eaux, doit se doubler d’un objectif écologique de régénération du boisement et de diversification des milieux.

Ces deux exemples montrent qu’il est nécessaire de lister et de hiérarchiser les objectifs et les contraintes.